Feed back atelier Grands Vins Confidentiels
L'idée de cet atelier est tout simplement de permettre aux amateurs, amatrices de faire connaissance avec quelques vins iconiques et quasiment introuvables car produits en petite quantité et très convoités. Ce qui se traduit bien sûr par des prix parfois un peu prohibitifs.
C'est également l'occasion de mieux appréhender les notions, souvent abstraites, de finesse, d'élégance, de pureté, de délicatesse, de subtilité, ... qui sont l'apanage des grands vins.
Pour débuter, un très beau Riesling allemand de la Rheingau et du domaine Georg Breuer, le Grand Cru Schlossberg 2020 : un 1er nez discret qui s’ouvre à l’aération sur des notes minérales, épicées, abricot, … Délicat. L’attaque en bouche est soutenue, ample avec une montée en puissance jusqu’en finale. Un vin sec qui présente un bel équilibre entre acidité et rondeur. Grande persistance. Une sensation globale de pureté et de précision. Un vin à attendre, un grand riesling peut se bonifier sur des décennies. Celui-ci devrait déjà être magnifique dans 5 ou 6 ans avec une poêlée de coquilles Saint-Jaques, sauce citronnée et safranée. 19/20
N.B. Le Riesling allemand, mais aussi alsacien, fait partie des trésors méconnus (surtout par le public francophone) du vignoble mondial.
Toujours difficile de passer d’un grand vin blanc à un vin rouge. Comme il se dit dans quelques régions viticoles, le Jura français par exemple, blanc sur rouge, rien ne bouge mais rouge sur blanc, tout fout le camp .. Un peu comme si les tanins du vin rouge faisaient ressortit un caractère un tantinet grossier derrière la pureté minérale, voire virginale de certains vins blancs. Il est donc parfois utile de faire une transition avant d’aborder le vin rouge prévu à la suite du blanc.
Lors de cet atelier de dégustation nous avons choisi de "sacrifier" un Moulin-à-Vent « La Rochelle » 2018 du Château de Moulin-à-Vent. Touche de graphite, fruits rouges, fraise, une bouche assez dense, chaleureuse, persistance moyenne, tanins modérés, légèrement rustiques (certainement l’effet « rouge sur blanc .. »). Un vin sérieux et sous l’influence d’un millésime solaire. Comme souvent, le cépage Gamay surprend par sa capacité à se jouer des clichés qu'on lui attribue et déroule ici une partition que l'on imaginerait venir de plus au sud, du coté d'Avignon par ex. 15,5/20 Une joue de boeuf confite et épicée devrait en faire son affaire.
Après le Gamay, deux vins helvétiques issus du Pinot Noir.
Pinot Noir de Thomas Studach 2017 (Grisons). Dans le top 3 des meilleurs Pinots Noirs des Grisons, avec ce supplément de délicatesse et d'agilité qui le distingue clairement des autres. Ah, la jolie couleur légère et lumineuse du Pinot Noir ! Teinte légèrement évoluée. Tellement parfumé, floral, délicat. Le toucher de bouche est également d’une grande délicatesse, soyeux, salin, sensuel, épuré. Persistance moyenne à longue. Un vin d’esprit plus que de matière. 18/20 Grand Pinot Noir qui demande une cuisine épurée, aérienne. Un suprême de pintade, jus de cuisson un peu réduit ou encore une crevette tigre à la vapeur avec un fumet de poisson également à peine réduit.
Pinot Noir "Les Rissieux" 2017 Jacques Tatasciore (Neuchâtel). Dans un style plus velouté et structuré voici peut-être le vin le plus confidentiel de Suisse et certainement le plus onéreux. On dit qu'il taquine avec aisance les grands crus bourguignons.
Robe moyennement soutenue, nez assez discret, entre baies et boisé noble, un rien monocorde, la minéralité se cache encore derrière le boisé.
Attaque soutenue, dense, structure impeccable, légère amertume en fin de bouche. La finale est encore un peu austère, un rien morne.
Manifestement encore trop jeune, grande maitrise technique, actuellement un vin qui s’apprécie surtout par son toucher de bouche assez velouté. Pour le moment, c’est plutôt la qualité du boisé qui supplante l’expression du naturelle du Pinot noir. Ma fille, 20 ans, qui a pu le déguster l'a trouvé plus "académique" que Studach. Je ne sais pas d'où elle sort cela (le papa n'a pas donné de cours à sa fille) mais j'ai trouvé la remarque plutôt pertinente. 17/20
Saint-Joseph rouge 2018 domaine Gonon (Rhône). Difficile de trouver une Syrah plus complète, profonde, racée. Il faut pour cela se tourner vers les plus beaux vins de l'Hermitage.
Robe encore jeune, nez « lardé », olives noires, petite notre poivrée, touche minérale, subtil, fin, floral.
Superbe bouche à la fois sphérique et longiligne .. grande persistance, encens, minéral. Grande Syrah, grand vin. 18,5/20
Que mettre dans l’assiette ? Hmmm.. une cuisine qui allie présence mais aussi subtilité, un rien épicée avec un clin d’oeil au coté olive noire : misons sur une cuisse de volaille mijotée avec quelques olives noires qui l’on mixera avec un peu de jus en fin de cuisson afin de donner une texture velouté à la sauce. Quelques lichettes de gingembre dans la cocotte apporteront du relief et de la longueur.
Domaine de Trevallon rouge 2017 (Baux-de-Provence). Un secret bien gardé, un vin d'initié qui traverse les années sans sourciller. Toujours délicieux même dans la phase ingrate de la jeunesse et c'est aussi ça la marque des grands vins.
Couleur moyennement soutenue, nez profond, notes de cuir, organique, fumé, encore timide mais subtil et profond, tellurique, notes assez prégnantes de feuilles de tabac. En bouche grande concentration de baies, fruits rouges, structure svelte, encore ferme (jeunesse). Sensation de terroir d’altitude ou d’exposition nord. Grand vin sur la retenue. 18,5 /20 Là il faudrait plutôt envisager l’épaule d’agneau confite, le pavé de marcassin ou encore se laisser surprendre avec une soupe de poissons de type bouillabaisse ..
La Grange des Pères rouge 2017 (Languedoc). Difficile de décrire un vin qui flirte avec l'évidence et qui sait mieux que la plupart allier puissance et finesse et c'est également ça la marque des grands vins.
Robe légèrement évoluée, odeurs de fruits rouges bien mûrs, solaire. Attaque ample, dense, solaire, long. Finesse moyenne, les tanins accrochent légèrement pour le moment. Séveux, umami. Un vin un peu fermé ce jour là, « architecturé », à carafer. 17,5/20 C'est cliché mais une Daube de Toro serait bienvenue ou alors coté végétarien des légumes confits (aubergines, poivrons) un peu épicés et accompagnés du polenta ou de patates douces.
En dégustation à l’aveugle : Soldaat 2016 Eben Sadie (Afrique du Sud, cépage Grenache), nez légèrement réduit au départ puis se pare de délicatesse, floral. Belle bouche souple et chaleureuse, umami, alcool à peine dominant en finale, persistant, note de rose. Beau vin 17/20
Et l'Italie dans tout ça ?
Barolo Brunate Giuseppe Rinaldi 2017(Piémont). Le cépage Nebbiolo au sommet, tout simplement. Epuré, ancré, magistral.
Teinte un peu orangée, nez magique, entremêlé de fruits rouges, minéralisé, boisé, floral. En bouche, c’est grand ! Effilé, élégant, une aromatique incroyable. Certes, encore une certaine austérité avec une tanicité et une acidité marquées en finale. Ce vin, c’est la fusion du soleil, de la roche et du cépage Nebbiolo ! Très grand vin. 20/20
C'est jeune mais quelle claque.. Avec une cuisine simple et des produits nobles, risotto & truffe noire ou côte de veau grillée ou encore des pappardelles al ragu et agrumes.
Prochain atelier Grands Vins Confidentiels ICI
Bruno Carroy
Expert en vin
- Diplômé de l'université du vin de Suze-la-Rousse (France).
- Formateur d'adultes certifié par la FSEA, Niveau 1 du brevet fédéral de formateurs d'adultes.
- Finaliste du concours du meilleur sommelier de Suisse, 3ème place (Concours Sopexa).
- 1er prix suisse 2006 du meilleur formateur en vins de Champagne, concours Européen "Les Ambassadeurs du Champagne", réservé aux professeurs et formateurs d'écoles du vin et d'oenologie.
- 2ème place à la finale européenne 2006 du meilleur formateur en vin de Champagne (Concours des ambassadeurs du Champagne).